Nerval ou la raison du rêve
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Charmant, Nerval? Délicieux? Est-ce tout? Cet homme, l'un des premiers à vivre de son écriture, a refusé que la poésie soit réduite à un statut social d'homme de lettres. Il a préféré être perçu comme un polygraphe talentueux plutôt que de transformer le fruit de ses rêves en fausse monnaie. Plus que charmant ou délicieux, son approche représente une audace et une probité absolues. Il n'y a pas de défaite ni de faiblesse chez Nerval. La folie et le suicide ne témoignent pas d'un échec. Au contraire, ils révèlent son profond refus de transiger, sa volonté de préserver chaque parcelle de son langage et de sa vision, une poésie que ses contemporains n'ont perçue qu'à travers un écho affaibli. Suivons plutôt Baudelaire, qui a su détruire la légende d'un Gérard devenu fou pour le présenter tel qu'il était : un "écrivain d'une honnêteté admirable, d'une haute intelligence, toujours lucide". Le rêve de Nerval n'est pas une illumination folle, mais une hygiène, une stratégie, une méthode. Cet essai s'intéresse à cette raison du rêve. [E. G.]
