Cry, Mother Spain
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A powerful account of the early days of the Spanish Civil War, seen through the eyes of a young girl.
La escritura de Lydie Salvayre profundiza en las complejidades de la identidad y la memoria, a menudo basándose en la historia y las narrativas personales. Su estilo literario se caracteriza por una introspección penetrante y una habilidad para entrelazar experiencias individuales en preocupaciones sociales más amplias. Como psiquiatra en ejercicio, aporta a su obra una perspectiva única sobre la psique humana y sus vulnerabilidades. Sus novelas exploran la tensión entre el pasado y el presente, buscando formas de procesar el legado del trauma.






A powerful account of the early days of the Spanish Civil War, seen through the eyes of a young girl.
Une femme d'aujourd'hui interpelle Cervantes, génial inventeur de Don Quichotte, dans une suite de quinze lettres. Tour à tour ironique, cinglante, cocasse, tendre, elle dresse l'inventaire de ce que le célèbre écrivain espagnol a fait subir de mésaventures à son héros pourfendeur de moulins à vent. Convoquant ainsi l'auteur de toute une époque pour mieux parler de la nôtre, l'autrice de "Pas pleurer" brosse le portrait de l'homme révolté par excellence, animé par le désir farouche d'agrandir une réalité étroite et inique aux dimensions de son rêve de justice.
Deux femmes, la mère et la fille, vivent recluses dans un petit appartement. Survient, Maître Échinard, un huissier de justice chargé de procéder à l’inventaire de leurs biens avant saisie. Et c’est l’affolement. La mère, Rose, voit aussitôt dans cet intrus un milicien aux ordres de Darnand. C’est pour elle le monde s’est arrêté en 43, l’Occupation dure encore, et Darnand, Pétain et les autres sont encore là. D’ailleurs elle leur parle, sans arrêt. Et les insulte, abondamment. La fille, Louisiane, se bouche les oreilles. Les élucubrations de sa mère, ses éclats, ses fracas, les spectres avec lesquels elle dispute jour et nuit, les injures jetées au Maréchal qu’elle appelle Putain, tout cela l’exaspère. Devant l’homme de loi impassible, les deux femmes vont se livrer à de furieux soliloques et tisser le récit, aussi hilarant que monstrueux, de leurs batailles et de leurs douleurs, de leur mémoire et de leur peur.
L’homme est seul. Quitté par sa femme, dévoré par sa mère, hanté par un amour inutile. Plus rien ne subsiste qu’une haine déclarée au monde vain et laid, anonyme et inhumain. L’homme marche dans la ville, perd le compte de ses pas et de ses mots, s’aliène dans la solitude poisseuse du minitel rose et sombre dans la folie. Après le deuil et la démence pourtant, la vie résiste encore.
Tout oppose, a priori, l’écrivain et le businessman. L’un incarne (ou le croit) la soif d’absolu, le goût de l’inutile, l’esprit de révolte. L’autre, la brutalité affairiste, l’accumulation avide et le désir violent de dominer.Qu’advient-il lorsque l’un se met au service de l’autre ? Lorsque l’écrivain accepte d’écrire la biographie, forcément élogieuse, du businessman ? Quelles fascinations s’exercent ? Quelles complicités se lient ? De quelles abdications se paient-elles ? Jusqu’où et jusqu’à quand peut-on, sans se renier, se compromettre ?Ces questions sont vieilles comme le monde et pressantes comme jamais. Lydie Salvayre les examine avec un regard dont la gravité, la malice et l’irrévérence n’épargnent ni l’un ni l’autre des deux protagonistes.
Comment intriguer, abuser, écraser, challenger ? Comment mentir sans le paraître ? Comment obtenir la faveur des puissants et leur passer discrètement la pommade ? Comment évincer les rivaux, embobiner les foules, enfumer les naïfs, amadouer les rogues, écraser les méchants et rabattre leur morgue ? Comment se servir, mine de rien, de ses meilleurs amis ? Par quels savants stratagèmes, par quelles souplesses d’anguille, par quelles supercheries et quels roucoulements gagner la renommée et devenir objet d’adulation ?Car se distinguer du reste des humains, être quelqu’un, quelque chose, apparaître au JT de 20 h, avoir sa photo dans le journal, rêver de devenir une star, convoiter les honneurs et les applaudissements, bref désirer briller aux yeux du plus grand nombre constitue la passion la plus archaïque et la plus universelle qui soit en ce bas monde.
Ce livre est le fruit d'un appel lancé par Patrick Chamoiseau et Michel Le Bris pour un meilleur accueil des migrants en France, lors du Festival Étonnants Voyageurs en 2017. Vingt-six écrivains ont répondu en envoyant nouvelles, poèmes, témoignages et essais. Les contributions de Lola Lafon, Chantal Thomas, Mathias Énard, et d'autres, explorent des récits de migrations, d'exils, de familles brisées et d'espoirs, parfois avec humour, comme dans "Mots en fuite" de Tahar Ben Jelloun, où des mots étrangers quittent le dictionnaire en signe de protestation. Léonora Miano offre une vision d'anticipation en 2086, abordant un choc de civilisations. D'autres textes évoquent des violences et des barbaries, notamment ceux de JMG Le Clézio et Patrick Boucheron, posant la question de ce que nous sommes prêts à faire pour rester humains. Le livre se termine sur une note d'espoir avec le Manifeste de Mireille Delmas-Marty et la Déclaration des poètes de Patrick Chamoiseau, plaidoyers pour une hospitalité transformée. En reversant leurs droits au GISTI, ces auteurs s'engagent pour un monde plus altruiste, affirmant une éthique active de la relation.
"Si le premier devoir de l'éducation religieuse consiste à éviter l'enfer à son prochain, le premier devoir de l'éducation lubrique consiste à l'y précipiter. Les méthodes pour y parvenir sont innombrables et nous ne saurions toutes les considérer. Nous allons donc nous borner à examiner les différentes phases qui composent l'acte fornicatoire, non sans préciser quels sont les éléments qui entravent sa progression ou ceux qui nettement l'accélèrent, et nous employer à définir le sens de certains mots tels que futution, pédication ou cunnilinge (les termes cons, culs, pines et environs étant connus du plus grand nombre). Nous nous appliquerons également à restituer à la chose sexuelle, si tristement confinée au trivial, si bassement réduite à l'hygiénisme par quelques esprits épais, son obscure, sa sauvage, son incommensurable puissance".
Ironie, érotisme, noirceur, gravité se côtoient dans ces histoires toujours pleines d'humanité et dont le point commun, s'il fallait en trouver un, serait l'errance. Histoires à coucher dehors : le titre a surgi un soir au milieu d'une réunion, nous séduisant par son côté équivoque qui permettait d'aborder le problème du logement sans pour autant sombrer dans le misérabilisme. Faire un livre pour l'association Droit au logement avec des nouvelles qui parleraient d'exclus (mais pas seulement), et surtout d'amour au sens le plus large possible. Aussitôt dit, aussitôt fait...