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Sieg

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Le dernier mot de ce roman a été écrit le 29 mai 1914. Ce mot était le seul mot du titre. C'étaient des temps de paix. À l'approche de la publication, j'ai réfléchi à la possibilité de modifier la page de titre. Le mot Victoire, l'objectif brillant et tragique d'un effort noble, semblait trop grand, trop auguste, pour figurer en tête d'un simple roman. Il y avait aussi le risque de tomber sous le soupçon d'une astuce commerciale, trompant le public en lui faisant croire que le livre avait quelque chose à voir avec la guerre. Cependant, cela ne m'inquiétait pas beaucoup. Ce qui a le plus influencé ma décision, ce sont les impulsions obscures de ce résidu païen d'émerveillement qui sommeille encore au fond de notre ancienne humanité. Victoire était le dernier mot que j'avais écrit en temps de paix. C'était la dernière pensée littéraire qui m'était venue avant que les portes du Temple de Janus ne s'ouvrent avec fracas, secouant les esprits, les cœurs et les consciences des hommes à travers le monde. Une telle coïncidence ne pouvait être prise à la légère. J'ai donc décidé de laisser le mot tel quel, dans le même esprit d'espoir qu'un simple citoyen de la Rome antique aurait accepté l'Augure.

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Sieg, Joseph Conrad

Idioma
Publicado en
1927
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(Tapa dura)
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4,2
Muy bueno
41 Valoraciones

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Título
Sieg
Idioma
Francés
Editorial
S. Fischer
Publicado en
1927
Formato
Tapa dura
Serie
Título original
Victory
Calificación
4,15 de 5
Descripción
Le dernier mot de ce roman a été écrit le 29 mai 1914. Ce mot était le seul mot du titre. C'étaient des temps de paix. À l'approche de la publication, j'ai réfléchi à la possibilité de modifier la page de titre. Le mot Victoire, l'objectif brillant et tragique d'un effort noble, semblait trop grand, trop auguste, pour figurer en tête d'un simple roman. Il y avait aussi le risque de tomber sous le soupçon d'une astuce commerciale, trompant le public en lui faisant croire que le livre avait quelque chose à voir avec la guerre. Cependant, cela ne m'inquiétait pas beaucoup. Ce qui a le plus influencé ma décision, ce sont les impulsions obscures de ce résidu païen d'émerveillement qui sommeille encore au fond de notre ancienne humanité. Victoire était le dernier mot que j'avais écrit en temps de paix. C'était la dernière pensée littéraire qui m'était venue avant que les portes du Temple de Janus ne s'ouvrent avec fracas, secouant les esprits, les cœurs et les consciences des hommes à travers le monde. Une telle coïncidence ne pouvait être prise à la légère. J'ai donc décidé de laisser le mot tel quel, dans le même esprit d'espoir qu'un simple citoyen de la Rome antique aurait accepté l'Augure.